Un peu d'histoire - Centre Médical Albert

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Un peu d'histoire

Dentisterie > Espace patients

Le cabinet dentaire, survol historique. (article paru dans le Journal du Dentiste, 2001).

On peut dire que c’est au début du XVI° siècle, avec Ambroise Paré, qu’apparaît la dentisterie en France. Ce chirurgien de génie pratiquait les extractions, soignait les caries et avait mis au point des dents artificielles. Par la suite, d’autres grands noms, tel Pierre Fauchard, vont faire progresser la dentisterie tant du point de vue scientifique, que technique. La dentisterie de la Renaissance sera faite principalement de chirurgie (le dessein des élévateurs et autres instruments sont proches de ce que nous connaissons) et de médications (le dentiste restera longtemps un fournisseur d’élixir et de potions). Si certains chirurgiens publient des traités durant le XVIII°, il faut bien reconnaître que la pratique est alors surtout le fait de charlatans.


C’est durant le XIX° siècle qu’apparaissent les premiers cabinets dentaires dignes de ce nom. Dès 1850, en effet, les dentistes vont opérer dans un local spécifique comprenant un fauteuil à accoudoirs, un crachoir, et une armoire pour le rangement des instruments. La dentisterie pratiquée reste essentiellement chirurgicale. Toutefois, cette période voit naître les bases de la dentisterie moderne:
amalgame (G.V. Black), digue en caoutchouc (Barnum), pulpotomie, orthodontie (Farrar) et les premières rx dentaires en 1895 (Walkoff).  Cette évolution  doit beaucoup aux dentistes américains: première école de dentisterie en 1828, premier journal professionnel en 1840 ( The American Journal of Dental Science) et première société scientifique. Au niveau du matériel, si dans les campagnes on continue à pratiquer une dentisterie rudimentaire, des cabinets bien équipés pour l’époque voient le jour: les premiers systèmes de forage (tour mécanique avec clé à ressort puis tour à pied) remplacent le marteau et le burin, les essais de l’anesthésie (éther, gaz hilarant, chloroforme et les premières seringues hypodermiques avec la cocaïne) et les progrès de l’éclairage: lampe à huile avec réflecteurs puis à gaz avant l’avènement de l’électricité.
Au tournant du siècle, alors que les arracheurs de dent continuent à exercer sur les champs de foire, il y a une réelle avancée technologique qui se traduit par l’apparition de vrais cabinets dentaires, principalement dans les grandes villes d’Europe et de la côte est américaine. L’électricité va permettre une dentisterie plus conservatrice:
tours électriques, scialytique (1926), radiographie, aspiration… Dans le même temps, le fauteuil va changer de formetout d’abord, avec l’apparition d’une têtière mobile et des diverses possibilités de  mouvements  ( les fauteuils de l’armée américaine en 1918 préfigurent les modèles qui serviront jusque dans les années 60) il va permettre un confort de travail à des générations de dentistes qui travaillent debout, puis, en permettant d’allonger le patient grâce à l'aspiration des fluides, il va autoriser la position assise du praticien.
Vers 1960, l’installation type comprendle fauteuil à commande hydraulique, le scialytique et le crachoir, le contre-angle
sur tour à transmission par courroie et parfois la turbine à air comprimé (1956), ainsi que souvent, un petit réchaud à alcool. Il n’y a pas d’appareils périphériques.  Le dentiste travaille debout à 8h ou derrière le patient et on ne parle pas encore beaucoup des problèmes de posture.   
A partir des années 70, le design du fauteuil change radicalementfauteuil électrique et position assise du praticien qui travaille entre 9h et 13h. La turbine est généralisée (elle recevra un éclairage par fibre optique dans les années 80), l’aspiration est à effet Venturi (la véritable aspiration chirurgicale et le récupérateur d’amalgame viendront plus tard ). On voit apparaître des nouveaux appareils périphériques (lampe à polymériser aux U.V. et détartreur à lamelle). Les installations sont faites pour durer, les matériaux utilisés sont le métal et le cuir.  Les units sont à cordons pendants sur l’installation ou système kart.
A partir de ce moment, on cherchera à répondre à plusieurs critèrespour arriver à l’installation de l’an 2000:
utilisation de carrosseries en matériaux plastiques moulés sans aspérités, mobilier étanche et aux surfaces lavables, chaîne d’asepsie.
Design:
comme les voitures, design italien, allemand ou nordique.
Ergonomie:
autre notion qui est devenue très à la mode depuis les années 70. La position du praticien induit sa santé dorsale. Actuellement près de 80% des units vendus sont à fouets. De fait,  la possibilité de placer l’unit
face à soi, évite les mouvements de prise des instruments en torsion ce qui n’est possible qu’avec des units sans cordons pendants (fouets, tub-o-matic…). De même, on a actuellement tendance à préférer une disposition de mobilier telle que les tiroirs qui doivent être accessibles d’une main ou la table de travail sont situés dos au patient (rotation du dentiste de 45° vers la gauche) plutôt qu’à droite (rotation entre 90° et 135°). La logique des rangements et leur accessibilité en cours d’intervention évitent au dentiste de se disperser et concourent à donner une impression de sérénité dans le cabinet.
Périphériques:
depuis les années 80, on a pu voir plusieurs nouveaux appareils envahir nos cabinets, pas toujours indispensables et parfois réservés au spécialiste, ils sont l’image de la bonne santé de la recherche en odontologie: air flow, microscope, laser, localisateur d’apex, moteur pour C.A. endodontique, système B,  RVG, caméra, et j’en passe…Au départ, ils ont été conçus pour être placés en périphérie mais on tentera tant que possible de les intégrer dans l’unit (détartreur piezo-électrique, lampe). Comme ces appareils reçoivent parfois une alimentation hétérogène (eau, air, électricité), c’est un beau défi pour les architectes d’intérieur et je suis persuadé que c’est le mobilier dentaire qui va évoluer dans les prochaines annéesde simple rangement au début (il y a des modèles splendides en bois tropicaux) il est sans doute destiné à devenir un acteur dans la gestuelle du praticien (table roulante, plateau extensible).

Comme nous le voyons, le cabinet dentaire est un endroit qui est le reflet des connaissances et des techniques de son époque,
de bourgeois au mobilier Louis-Philippe des débuts, il va évoluer vers un espace ordonné et médicalisé qui va permettre la réalisation d’une dentisterie de qualité.



                                                                                       Jean A. Terseleer



 
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